COMMENT ORGANISER LES REPAS DU CHIEN ?

Comment donner à manger à son chien ?

Il n’y a pas de recette unique pour tous les chiens. Et les vieux conseils qui consistent à ordonner que le chien mange obligatoirement seul, en temps limité et isolé des personnes sans recevoir à la main sont totalement faux et désuets. 


QUEL MOMENT IDÉAL?

1er jour d’adoption : ne pas donner à manger tout de suite au chien dès l’arrivée dans la maison.

Laisser le chien prendre connaissance des lieux avant de lui proposer un repas. Par exemple, si le chien est arrivé le matin, lui proposer un repas vers 17h, et faire une dernière sortie vers 22h.
L’heure du repas est fonction de l’emploi du temps des maîtres ; il ne faut pas être dogmatique.


Il faut préférer une heure plutôt fixe pour un chien craintif et timide afin de le sécuriser et créer un rituel agréable.


Mais il est possible d’établir une heure variable si le chien semble très à l’aise partout et en toute situation.


Libre service pour un chien peu gourmand, amis attention à la surconsommation et au surpoids chez l’animal stérilisé.


Temps limité non obligatoire : peut favoriser une prise alimentaire franche et régulière chez un chien présentant un appétit variable ou faible.


Plusieurs repas par jour si le chien est de grande race et/ou mange très vite pour éviter les gros volumes ingérés très vite. Cela prévient les torsions d’estomac.


Un seul repas par jour si le chien est de petite taille et a une activité soutenue toute la journée en extérieur (ex : journée de chasse).

Le moment du repas correspond alors à un moment de retour au calme et de repos. 


QUEL LIEU IDÉAL ?

1er jour d’adoption : laisser l’exploration s’organiser partout, sans limitation. Mais instaurer un lieu calme pour manger.


Quand le chien est bien habitué à sa nouvelle maison, choisir un lieu en fonction du tempérament du chien :

 

• Calme et à l’écart des bruits si le chien est peureux et quitte la gamelle au moindre mouvement à proximité

 

• Dans les lieux de passage et de mouvements ou de jeux si le chien est à l’aise afin d’éviter de construire une zone isolée et défendue.

 

• A la romaine, repas sur ou à proximité du lieu de couchage. Cela peut constituer une zone « positive », une zone particulièrement agréable, et inciter un chiot à adopter ce lieu de couchage
 
 Utilisation possible d’un pipolino :(jouet distributeur de croquettes)

peut permettre au chien de s’activer à chercher sa nourriture dans un contexte ludique qui déplace le lieu de repas.

 

• maintient tous les lieux comme source de récompense alimentaire, et maintient une activité de prise orale orientée vers un objet autorisé. Diminue les destructions d’objets interdits

 

• peut permettre qu’aucun lieu ne sera défendu.

Il est important d’habituer le chien à pouvoir déplacer l’endroit du repas afin de maintenir une prise alimentaire correcte sur des lieux de vacances, et éviter toute tentative de défense d’un lieu unique.


Débarrasser la gamelle en fin de repas si le chien a tendance à défendre le lieu 


QUELLE MANIÈRE IDÉALE ?

  • La bonne manière est celle qui associe l’humain à quelqu’un qui offre, qui donne plus, et non à quelqu’un qui prive, qui isole, et qui retire.

  • La bonne manière est celle qui évite et prévient les agressions autour du repas

  • Donner un ordre comme « assis » avant de poser la gamelle permet de transformer le repas en récompense et de lui associer positivement l’humain qui le délivre.
  • S’approcher de la gamelle quand le chien mange pour y ajouter des friandises, l’habituer à tolérer qu’on mette la main dedans, et à ne pas se méfier de l’humain est essentiel.
  • Les enfants doivent pouvoir passer à côté en caressant le chien, en lui déposant des croquettes supplémentaires. Le chien les associe à un bénéfice supplémentaire.
  • En revanche, il est déconseillé de reprendre la gamelle au chien brutalement pour l’habituer à « ne rien dire ».
  • Certains chiens, dans ces conditions, ne tardent pas à défendre la gamelle au moment où l’on veut leur reprendre.
  • Habituer le chiot au passage des humains, adulte et enfants, aux mouvements et bruits des humains à côté de lui, quand il mange. 
     

Sources :

DR Vétérinaire Isabelle VIEIRA  http://www.vieiraveterinaire.veto.pro/

Ancienne interne de médecine de l’ENVA, Diplômée du CES d’hématologie et biochimie clinique, Diplômée du CES de diététique,Comportementaliste diplômée des Ecoles Vétérinaires Françaises, Chargée d’enseignement vacataire en troubles de comportement à l’Ecole Vétérinaire d’Alfort, Présidente de la Société Européenne d’Ethologie Vétérinaire des Animaux Domestiques