DÉSENSIBILISER LE CHIEN AUX PEURS DE LA RUE 
  
Le chien a souvent peur de la rue parce qu’il n’a pas été habitué à fréquenter les lieux riches en bruits et en mouvement dès son plus jeune âge. Pourtant si le chien n’est pas encore trop vieux, le désensibiliser est réalisable. Cela demande de la méthode et un important investissement en temps   


A ne pas faire

Tirer sur la laisse pour obliger le chien à avancer. 
Prendre le chien dans les bras et le soustraire à la situation en le caressant et lui parlant doucement pour le rassurer : cela renforce les réponses de peur. 
Le sanctionner en donnant un coup sec sur la laisse ou en criant un ordre quelconque. 
Arrêter de le sortir quand les réponses empirent: cela n’a aucune chance de l’habituer à la rue. 
Aucune méthode n’est bonne en situation bloquée de peur, quelle que soit le type de réponse produite par le chien (fuite, panique, immobilisation, tremblements, gémissements). La bonne méthode : agir en amont, avant que le chien ait peur.


A faire : 

Désensibiliser par habituation et contre-­conditionnement en superposant les deux techniques : 


1 - Habituation : 

Cela consiste à exposer le chien au stimulus de la rue de façon fréquente mais à faible intensité, et à augmenter progressivement l’intensité en vérifiant toujours que le chien n’exprime pas de réactions de peur. 

 

• Faire des sorties fréquentes, plusieurs fois par jour si possible. 

 

• Faire des sorties courtes la première semaine, puis de plus en plus longues. 

 

• Faire des sorties exclusivement dans des lieux calmes pour ne pas déclencher de réponse de peur. 

 

• Procéder par paliers : une à deux semaines dans le même lieu à la même heure. Répéter la sortie jusqu’à ce que le chien montre un état de détente observable. Regarder la position de la queue qui est un bon indicateur de bien-­être. 

 

• Puis une à deux semaines dans le même lieu à une heure légèrement plus passante. Observer sans cesse les réactions du chien.

Maintenir le palier jusqu’à la détente complète du chien. Si le chien se bloque en réponse de peur, repasser au palier précédent. 

 

• Ainsi de suite, changer légèrement et partiellement le trajet de la promenade par paliers.

 

• L’essentiel est de s’adapter aux réponses du chien, et ne pas vouloir brûler les étapes.  


2 -­ Contre-­conditionnement : 

Cela consiste à associer un stimulus fortement agréable au stimulus de la rue, afin que le chien oublie ce qui lui fait peur en étant absorbé par ce qui lui fait plaisir. 

 

• Repérer une activité fortement motivante pour le chien : jeu de balle, jogging, jeu avec un congénère, attraction pour la récompense alimentaire. 

 

• Par exemple, démarrer un jeu et exciter le chien au maximum à l’intérieur de la  maison. 

 

• Jouer intensément en ouvrant la porte de l’appartement. Continuer de jouer entre l’appartement et le palier. 

 

• Maintenir le jeu sans arrêt en progressant vers l’extérieur. 

 

• Repérer que le chien est toujours occupé par le jeu.

S’il commence à remplacer des comportements joyeux par des attitudes de peur, repasser vers l’intérieur de l’appartement. S’il semble absorbé par le jeu, continuer vers la sortie et jouer dans les parties communes. 

 

• La première semaine, se contenter d’assurer le jeu entre l’appartement, les parties communes et l’entrée de l’immeuble, puis rentrer à l’appartement en jouant et poursuivre le jeu encore quelques minutes à l’intérieur de l’appartement. 

 

• Progressivement emmener le chien, absorbé par le jeu, de plus en plus loin dehors, et continuer de jouer sur le chemin du retour et dans l’appartement après la sortie. 

 

• Autre exemple, avec la nourriture, on attire le chien vers l’extérieur avec des friandises très alléchantes de plus en plus loin à l’extérieur. 

 

• Avec un congénère non peureux du même immeuble, on peut organiser des sorties communes si le chien se laisse bien entraîner à jouer par celui qui n’a pas peur.

 

• L’essentiel est ne pas simplement parasiter le jeu, mais s’investir pleinement avec le chien, de façon démonstrative, au risque de passer pour un véritable clown dans la rue.  
 


Sources :

DR Vétérinaire Isabelle VIEIRA  http://www.vieiraveterinaire.veto.pro/

Ancienne interne de médecine de l’ENVA, Diplômée du CES d’hématologie et biochimie clinique, Diplômée du CES de diététique,Comportementaliste diplômée des Ecoles Vétérinaires Françaises, Chargée d’enseignement vacataire en troubles de comportement à l’Ecole Vétérinaire d’Alfort, Présidente de la Société Européenne d’Ethologie Vétérinaire des Animaux Domestiques